Les offices publics de l’habitat tirent la sonnette d’alarme

Les présidentes de Le Mans Métropole Habitat et Sarthe Habitat ont souhaité alerter conjointement sur leurs difficultés liées à loi Élan.

De gauche à droite. Guy Henrion, directeur de Sarthe Habitat, Fabienne Labrette-Ménager, présidente de Sarthe Habitat, Marie-Christine Poupineau, présidente de Le Mans Métropole Habitat et Fabienne Delcambre, directrice générale Le Mans Métropole Habitat.
© Ville du Mans

« Aujourd’hui, on nous empêche tout simplement de travailler. C’est totalement incompréhensible ». Fabienne Labrette-Ménager, présidente de Sarthe Habitat et Marie-Christine Poupineau, présidente de Le Mans Métropole Habitat (LMMH) ont fait part, lundi 10 septembre au cours d’une conférence de presse commune, de leurs inquiétudes quant aux projets de l’exécutif qui mettent en péril l’équilibre local du logement.

Les conséquences de loi de 2018 portant sur l'Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (Élan) n’ont pas tardé à se faire ressentir. « Nous avons dû revoir nos frais de gestion. Nous avons dû geler les recrutements prévus et ne pas remplacer certains départs à la retraite. Un effort qui équivaut à 30 postes depuis septembre 2017 », explique Fabienne Delcambre, directrice générale LMMH. « Nous avons également été contraints de divisé par deux le budget destiné à l’entretien de notre patrimoine », poursuit Fabienne Delcambre.

Même constat du côté de Sarthe Habitat qui a dû renoncer, entre autres, à la réhabilitation de logements situés place Georges-Gauthier. « Pour les locataires ce sont 300 à 400€ de chauffage en plus par an. Nous allons également moins construire en passant de 150 à 90 logements neufs cette année. Nos opérations de réhabilitation ont toutes été retravaillées pour en abaisser les coûts. Nous avons fait passer des projets de 40 000€ à 25 000€. Moins d’isolation, c’est  moins de pouvoir d’achat pour nos locataires », détaille Guy Henrion, directeur de Sarthe Habitat.

« Il ne faut pas oublier que le logement social a un impact économique important. Or avec la loi Élan, nous sommes contraints des réduire nos investissements. Heureusement, nos collectivités respectives nous soutiennent », explique Marie-Christine Poupineau. « Mais les entreprises du bâtiment et les promoteurs sont très inquiets » d’autant que la ville du Mans a été sortie du dispositif Pinel, destiné aux investisseurs privés.

Inquiètes mais combatives, les deux présidentes ont réaffirmé leur volonté de continuer à rendre le logement accessible au plus grand nombre, de favoriser le maintien à domicile des personnes vieillissantes ou en difficulté et d’accompagner les populations au quotidien.

Acteurs du territoire en matière de rénovation urbaine, de développement durable, d’accession à la propriété, de mieux vivre ensemble, les offices publics de l’habitat souhaitent retrouver les moyens de poursuivre leurs missions au service du territoire.